Lettre ouverte à l’ensemble des Professionnel(le)s du Cinéma.
Nous voulons vivre de notre travail !
Le 19 janvier dernier, au terme de 7 années d’âpres négociations, trois organisations syndicales CGT (SNTR, SGTIF, SFR), le SNTPCT et l’API ont signé un texte qui sera soumis à l’extension du ministère du travail. Ce texte aura vocation à être le pivot de la future Convention collective nationale de la production cinématographique. Lors de la Commission Mixte Paritaire du 19 janvier, un très large consensus s’est fait jour du côté des organisations de salariés et dans les semaines qui viennent elles pourraient à la quasi unanimité adhérer à cet accord.
Aujourd’hui, une campagne de dénigrement sans précédent, orchestrée par 4 organisations syndicales de producteurs et relayée par une très large part des employeurs du cinéma au-delà même des producteurs, se fait jour.
Cette campagne ne poursuit pas d’autre but que celui d’empêcher, dans la production cinématographique, la mise en place d’une convention collective d’application obligatoire. Les employeurs de la production cinéma et au-delà, se seraient très largement accommodés d’une convention collective au rabais.
Le 19 janvier dernier, le Délégué général de l’A.P.C. a évoqué, au nom de : l’A.P.C., l’U.P.F., du S.P.I., et de l’A.F.P.F., les points « problématiques » du texte que nous avons adopté et ses « contre-propositions » en matière conventionnelle :
- La mise en place d’un système permanent d’accès à une dérogation des salaires pour les films d’un budget inférieur à 4 millions d’euros, soit une très large majorité de notre production,
- Une dérogation des salaires automatique pour les films d’un budget inférieur à 1,5 million d’euros.
- La « légalisation » de la semaine de 60 heures dans le cinéma.
- Des rémunérations pour le poste de réalisateur très largement inférieures à la rémunération proposée par le texte API.
- Des montants de rémunérations minorés dans de nombreux cas.
Les mêmes employeurs soucieux du toujours moins, renvoient la négociation à la signature d’un accord d’ici mai 2012 quand au cours de ces longues années de négociation leur mandat n’a cessé d’aller dans le sens de plus de sacrifices pour les Ouvriers, Techniciens et Réalisateurs de la production cinéma.
Et si ce « concert » ne suffisait pas, les mêmes producteurs en appellent aux industries techniques (dont les salariés sont eux-mêmes maltraités, cf LTC et filiales de Quinta) et à la FICAM dont le programme par la voix de son Président est on ne peut plus clair, invoquant : « des réalités économiques qui imposent de trouver un juste équilibre au coût du travail et à la flexibilité nécessaire afin d’éviter un nouveau sursaut de la délocalisation des productions » Communiqué de la Ficam du 23 janvier 2012.
C’est avec beaucoup de responsabilités et aux prix d’importantes concessions que nos organisations ont signé le texte proposé par l’API.
- Nous avons accepté des aménagements de la durée du travail par la mise en place d’un système d’équivalence, alors que nous sommes attachés à la notion de travail effectif,
- Nous avons accepté un abattement conséquent sur la rémunération mensuelle des réalisateurs pour tenir compte de la durée de leurs contrats,
- Nous avons accepté la mise en place d’un dispositif, mais à titre transitoire, pour des films en dessous de 2,5 millions, qui permet l’existence des films sous-financés et pour maintenir la diversité de notre cinématographie.
- Par bien des aspects, ce texte devra être amélioré pour la filière décoration, les monteurs, les scriptes, les assistants-réalisateurs, les chargés de figuration.
Il est possible de comparer sur notre site le texte signé avec l’API et les propositions des autres producteurs : que chacun juge des différences !
Les organisations syndicales des salariés ont pris ou prendront leurs responsabilités, cela devrait répondre aux « inquiétudes » de la FICAM ; il appartient aux employeurs du cinéma de prendre à présent les leurs.
Le chantage à la création, le chantage aux délocalisations (qui n’a pas attendu cette convention mais qui est le fait du dumping fiscal de pays comme le Luxembourg), font l’économie d’une réflexion globale que nous demandons depuis très longtemps à travers la mise en place d’Etats Généraux du Cinéma. La mutualisation du financement du cinéma est refusée et d’aucuns trouvent plus simple d’imposer aux ouvrier(e)s et aux techniciens des salaires de plus en plus au rabais, comme ils l’ont toujours fait et continueront à le faire si cette convention n’est pas étendue et appliquée.
Au contraire de ceux qui prétendent annoncer la mort du cinéma, nous nous sommes donnés un délai de cinq ans pour engager une refonte du financement des films, et permettre à tous les films d’exister mais pas au détriment des salaires. Avec un investissement annuel dans le cinéma (chiffres CNC) de plus d’un milliard d’euros, qui fait mieux que résister, il est possible d’assurer pour tous des rémunérations décentes. Nos prédécesseurs ont été capables après la Libération, dans une situation autrement plus terrible, de mettre en place un système qui garantit toujours l’existence d’une des plus importantes cinématographies du monde : c’est dire qu’il faut une véritable volonté politique de tous pour y parvenir, CNC, producteurs, et nous tous !
Le texte mis à la signature des partenaires sociaux doit vivre et doit être appliqué très rapidement. Pour cela il doit être étendu. Nous devons tous nous en saisir afin d’imposer de nouvelles règles dans la production cinématographique.
Nous appelons l’ensemble des Ouvriers, Techniciens, Réalisateurs à la plus grande vigilance dans une période extrêmement tendue, où la lutte pourrait être nécessaire et où il apparaît qu’un très grand nombre de producteurs ne veulent d’aucune règle sociale dans la production cinématographique, tout en bénéficiant du recours aux CDD d’usage, et d’aides publiques du CNC.
Paris, le 26 janvier 2012
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Le 19 janvier dernier, le SNTR, le SGTIF et le SFR, ont signé avec l'Association des Producteurs Indépendants le texte qui fera, à condition qu'il soit étendu, la référence en matière de production cinématographique.
Mis à jour (Vendredi, 20 Janvier 2012 15:09) Communiqué du 6 janvier 2011
Production cinéma : Mais qui a intérêt à bloquer la conclusion d’une convention collective nationale étendue ? Le 16 décembre dernier, deux syndicats de producteurs, pas des moindres (APC, UPF), répondaient à « l’inquiétude » du SNTPCT en proposant la prorogation des accords antérieurs jusqu’au… 31 décembre 2012. Au-delà de la reconduction de la grille des salaires 39 heures, telle qu’elle résulte de l’application du rapport d’étape de 2007, et afin de ne pas laisser le secteur de la production cinématographique sans référence salariale, on peut s’interroger sur la nécessité de faire référence à la convention collective historique… d’autant que depuis plusieurs années maintenant l’A.P.C. (l’ex-Chambre Syndicale, seule signataire de l’accord) a dénoncé cette convention et que quand on dénonce un accord c’est pour ne plus l’appliquer. Les autres organisations de producteurs ont renoncé et depuis de très nombreuses années à l’application de toute règle que ce soit et y compris le Code du travail. Mais aurait-il échappé aux deux organisations syndicales de producteurs précitées qu’une autre organisation syndicale de producteurs, l’API, nous a fait des propositions, que celles-ci ont été mises sur la table de la négociation durant de longs mois. Pour la CGT, l’essentiel du chemin est fait et nous avons mandat pour signer cette proposition. La possibilité d’ailleurs de signer un accord conventionnel dans la production cinéma semble déranger beaucoup de monde… L’accord serait-il du goût de certains trop favorables aux salarié(e)s ? La CFDT, peu représentative dans ce secteur serait-elle en liaison avec certaines organisations syndicales de producteurs, opposée à la signature d’une convention collective étendue dans la production cinéma ? Plus simplement et avec une désinvolture peu respectueuse des intérêts des salariés, pour certaines organisations les grandes manœuvres commencent. Toutes ont en commun de vouloir faire obstacle, souvent pour des motifs différents, à l’extension d’un accord cinéma.
Pour notre part à la CGT : SNTR, SFR, SGTIF, globalement, la négociation de l’annexe « Techniciens » n’a plus lieu de perdurer, et tant pis si plusieurs organisations de producteurs pensaient s’acquitter d’une convention au moindre coût. Nous avons pris, et nous prendrons nos responsabilités pour que s’achève dans les plus brefs délais la conclusion de l’annexe « Techniciens ». Le texte proposé, s’il est le mieux disant socialement, est un compromis acceptable, et responsable, même s’il devra être amélioré, qui concilie à la fois le respect de nos qualifications et de nos rémunérations historiques (en y intégrant pour la première fois les réalisateurs), tout en préservant la diversité de notre cinématographie, dans l’attente de solutions que nous voulons pérennes et donc mutualisées. Nous mettons en garde les organisations de producteurs qui tenteraient de jouer le « pourrissement » du processus conventionnel afin de rendre caduques de longues années de négociations. Elles s’exposeraient très rapidement à une mobilisation très large de nos professions. Mis à jour (Vendredi, 06 Janvier 2012 11:00) |
LABO LTC : LES FILMS BIEN SÛR... MAIS QUID DES SALARIÉS ? Le Centre national de la Cinématographie (CNC) a organisé ce matin, le 22 décembre, une réunion de concertation « avec toutes les parties concernées ...» à propos de la disparition de Quinta Industries et Duran-Duboi. Plusieurs dizaines de salariés de LTC et leurs représentants ainsi que ceux du Laboratoire Eclair, de la Fédération Cgt du spectacle et ses syndicats Sntr et Sgtif se sont invités à cette séance. Les responsables Cgt ont interpellé le CNC pour qu’il s’engage à peser effectivement sur le liquidateur ou le représentant de Quinta Industries afin de favoriser des solutions financières et un reclassement pour les salariés menacés. Ils ont fait remarquer que le sort des films semblait à tel point préoccuper le CNC qu’il en allait jusqu’à oublier que les films n’existeraient pas sans celles et ceux qui les tirent et les développent. Depuis près de deux ans, la Cgt Spectacle et ses syndicats avaient demandé au CNC la mise en place d’un observatoire du numérique afin de prendre en compte les conséquences sociales et en matière d’emploi du passage accéléré au numérique. Après maintes manœuvres dilatoires, deux réunions ont eu lieu en 2011 qui n’ont débouché sur rien ! Au final, le CNC s’est engagé à mettre en place une réunion de concertation le 6 janvier à 10H, ainsi qu’à agir auprès de la nouvelle présidence de Pôle Emploi pour que les salariés de LTC qui suivent ou suivront une formation dans le cadre d’un congé individuel de formation (CIF) financé par la plateforme des industries techniques pilotée par l’Afdas, puissent aller au terme de leur formation en bénéficiant des financements afférents. Nos interventions ont fait l’objet d’un large soutien des participants invités par le CNC et nous avons quitté la salle sous les applaudissements des présents. La Fédération Cgt du Spectacle, ses syndicats Sntr et Sgtif et les salariés des laboratoires concernés veilleront au plein respect des engagements pris ce matin. Paris, le 22/12/2011 Mis à jour (Jeudi, 29 Décembre 2011 16:27) ASSEMBLEE GENERALE DES ADHERENT(E)S DU SNTR/SGTIF 15 décembre 2011
Les Adhérent(e)s du SNTR/SGTIF CGT, réunis en Assemblée Générale le 15 décembre 2011 ont voté à 80% des présents et représentés la décision de mandater leur Conseil syndical en vue de signer le projet de Convention collective de la Production Cinématographique présentée par l’API, et d’entamer toutes les démarches nécessaires à son extension. Les organisations du collège des salariés doivent à présent tout mettre en œuvre pour présenter un front commun et demander la convocation d’une réunion extraordinaire de la Commission Mixte Paritaire de la Production Cinématographique. Les organisations du collège des employeurs sont à présent placées devant leurs responsabilités : - participer à la finalisation du processus conventionnel et travailler à son extension, - prendre les mesures nécessaires pour combler le vide conventionnel dans l’attente de l’entrée en application de la future convention.
PARIS, le 16 décembre 2011, le Conseil syndical. Mis à jour (Vendredi, 16 Décembre 2011 12:16) |




